90% des chiens suivis chez le vétérinaire meurent euthanasiés 

Au Royaume-Uni, 90% des chiens médicalisés (suivis chez un vétérinaire) meurent d’une euthanasie : voici les résultats d’une étude britannique conduite par le programme VetCompass au sein du Royal Veterinary College (Londres). Ce programme recense les données de 1800 cliniques privées volontaires où sont suivis plus de 15 millions d’animaux domestiques. L’objectif : comprendre les causes de décès des chiens de compagnie, et notamment les motifs qui conduisent à une euthanasie. Les cas de près de 30 000 chiens décédés durant l’année 2016 ont été étudiés. Il n’existe malheureusement pas d’étude équivalente en France.

Premier facteur d’euthanasie : une qualité de vie dégradée

Cette étude nous apprend que la première cause d’euthanasie est une qualité de vie dégradée (odds ratio de 16,3). Cela est particulièrement le cas chez les chiens atteints de cancer(s).

Les trois autres causes principales d’euthanasie sont :

  • Les comportements « indésirables » (odds ratio de 11,4)
  • Les lésions de la moelle épinière (donnant lieu, par exemple, à une hernie discale pouvant conduire à une paralysie de l’animal ou à des troubles de sa mobilité)
  • L’anorexie (lorsque l’animal ne mange plus)

A noter que l’âge moyen des chiens euthanasiés est plus élevé que celui de ceux morts naturellement (12,1 ans contre 9,9 ans).

Les chiens de plus de 15 ans ont un risque 5,9 fois plus élevé de mourir par euthanasie que ceux de moins de 6 ans.

Evaluer la qualité de vie

A la ferme-refuge AVA, nous hébergeons actuellement plus d’une soixantaine de chiens âgés. Leur qualité de vie est une préoccupation permanentepour tous nos soigneurs et nos vétérinaires partenaires, particulièrement sensibles à la dégradation potentielle de leur condition en raison de leur âge.

Nous évaluons chaque jour la qualité de vie de chacun d’entre eux grâce à « l’échelle de qualité de vie » élaborée par le Dr Alice Villalobos : Le Dr vétérinaire Alice Villalobos est présidente de l’Association américaine des vétérinaires pour le lien entre l’Homme et l’animal (AAHABV). Elle est une pionnière reconnue dans le domaine du traitement du cancer chez les animaux de compagnie, et a lancé « Pawspice », un programme de qualité de vie destiné aux animaux de compagnie en phase terminale. Elle a développé un système de notation, « l’échelle de qualité de vie », pour aider les propriétaires et les équipes vétérinaires à évaluer la qualité de vie d’un animal de compagnie en fin de vie grâce à différents critères qui doivent être notés de 0 à 10 : douleur, faim, soif, niveau d’hygiène, niveau de joie, degré de mobilité, et « plus de bons jours que de mauvais jours ». Si le score final est supérieur à 35, cela signifie que la qualité de vie de l’animal est encore suffisamment acceptable pour continuer les soins palliatifs et éviter l’euthanasie. Si l’on obtient moins de 35 points, toute notre équipe se réunit pour prendre la décision d’aider l’animal à partir.

A AVA, notre équipe est formée à évaluer ces critères, et s’attache à accompagner chaque animal en s’aidant de l’échelle de qualité de vie élaborée par le Dr Villalobos. Dès que cela s’avère nécessaire, nous aidons l’animal à partir en douceur, sans souffrance, et accompagné par toutes les personnes ayant pris soin de lui.

Soutenez notre combat contre les euthanasie injustifiées

L’euthanasie, une décision qui n’est pas à prendre à la légère

Si l’euthanasie peut se justifier lorsque l’animal est en situation de souffrance, elle est en revanche problématique quand il s’agit d’une décision prise par « facilité » : on parle alors d’euthanasie « de convenance ». Depuis son origine, l’association Agir pour la Vie Animale lutte ardemment contre ces euthanasies non médicalement justifiées ; c’est même notre raison d’être : notre ferme-refuge, créée en 1986 en Seine-Maritime, avait pour mission d’offrir un lieu de vie pour des animaux injustement et arbitrairement condamnés à une mise à mort.

En 35 ans d’existence, ce sont des milliers d’animaux devenus « indésirables » du fait de leur âge, de leur handicap, ou de leur comportement, que nous avons sauvés, accueillis, soignés et aimés.

« En tant que vétérinaires, nous sommes hélas trop souvent sollicités par des propriétaires qui nous demandent d’euthanasier leur animal sans que celui-ci se trouve nécessairement en situation de souffrance, explique le Dr Bedossa. Parfois, ils ne veulent pas voir leur animal se dégrader au fil du temps, ou bien ils ne se sentent pas prêts à vivre avec un animal incontinent, handicapé, ou ayant des comportements « gênants » pour leur foyer. Est-ce une raison pour mettre un terme à leur vie ? Certainement pas ! »

Stop aux euthanasies de convenance

Il est inacceptable qu’on arrache des vies à des animaux devenus trop contraignants pour leur foyer. Ce n’est pas parce qu’ils sont trop âgés, trop malades, trop handicapés ou parce qu’ils présentent des comportements dits « gênants » qu’ils méritent de mourir. Qui sommes-nous pour décider du droit de vie ou de mort d’un être sensible ? Nous ne comptons plus le nombre d’animaux qui étaient condamnés, que nous avons recueillis, et à qui nous avons offert une nouvelle vie ! 

« Les vétérinaires ont une grande part de responsabilité dans ce fléau, estime le Dr Bedossa. Si les vétérinaires refusaient davantage les mises à mort de convenance, des centaines de vies seraient sauvées chaque jour en France. Hélas, la profession vétérinaire est complice de ce massacre silencieux. Nous sommes pourtant formés à soigner, et non à tuer. On sait par ailleurs aujourd’hui l’impact psychologique qu’ont ces mises à mort sur les vétérinaires praticiens ».

Pour proposer une solution concrète, Agir pour la Vie Animale et l’association Animal Cross se sont associées pour proposer un amendement sur les euthanasies à l’Assemblée nationale, visant à organiser des réunions collégiales lorsqu’une décision d’euthanasie doit être prise :

« Lorsqu’il est sollicité par une personne physique, détentrice ou propriétaire, pour procéder à une euthanasie de son animal de compagnie ou de son équidé, le vétérinaire convoque dans les 5 jours ouvrés une réunion collégiale. Cette réunion est chargée, en vue de statuer sur le sort de l’animal en fonction de son intérêt, de proposer le cas échéant des alternatives dans les 5 jours ouvrés suivants.

Le fait d’avoir procédé à l’euthanasie de l’animal sans la tenue d’une réunion collégiale est passible de la sanction prévue à l’article 522-1 du code pénal. Un décret fixe les conditions de mise en œuvre de ces dispositions. »

Malheureusement, cet amendement a été jugé irrecevable. Mais notre combat continue. Aidez-nous à mettre fin à cette injustice en contribuant à notre campagne contre les euthanasies de convenance. 

 Droit à la vie des animaux

Le droit à la vie des animaux : notre débat

Le 6 mai dernier, nous avons organisé un atelier de protection animale en Facebook live sur « le droit à la vie des animaux ». Ce débat était animé par notre Président, le Dr Thierry Bedossa. Regardez le replay !

Piqué au vif 

Campagne Piqué au vif

« Piqué au vif » : notre campagne vidéo contre l’euthanasie injustifiée est incarnée par Nachos, un Dogue des Canaries qui devait être euthanasié à seulement 9 mois en raison de son handicap. Une histoire vraie à voir !