Aujourd’hui, nous aimerions vous parler de Primevert, l’une des vaches de notre ferme-refuge. Primevert nous a quittés cet été à l’âge exceptionnel de 20 ans. A travers cette lettre, nous souhaitons lui rendre hommage et vous sensibiliser à la cause de ces si nombreux bovins qui meurent par millions chaque année pour notre consommation et celle de nos animaux de compagnie.

Primevert nous a été confiée avec un boeuf, Eben, en provenance d’un autre refuge qui était submergé. Pris en charge par l’OABA (Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs) qui avait été appelée au secours, ils sont arrivés à AVA en 2007 afin de pouvoir bénéficier d’une retraite « au vert ». Lorsque nous les avons recueillis, Primevert était famélique et elle n’avait jamais marché sur l’herbe. Elle avait alors 6 ans. Nos soigneurs se souviennent encore de l’émotion qui les a submergés lorsqu’ils ont vu cette vache parcourir nos pâtures pour la toute première fois.

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14 ans dans notre sanctuaire 

Primevert a vécu 14 ans à nos côtés. Elle a passé toutes ces années au sein d’un troupeau composé de bovins (nous avons eu jusqu’à 9 bovins en même temps, confiés par l’OABA), mais aussi d’une vingtaine d’équidés. Tous ces herbivores ont toujours partagé leurs immenses pâtures en harmonie. Primevert ainsi que tous ses compagnons avaient accès à plusieurs hectares de verdure, mais aussi à une rivière.

Deux fois par an, avec ses congénères, elle déménageait pour passer une saison dans une autre partie de notre ferme-refuge : cette petite transhumance est nécessaire pour que nous puissions toujours laisser une pâture au repos afin de produire du foin.

Comme tous nos protégés, Primevert bénéficiait d’un suivi vétérinaire régulier notamment pour la prophylaxie (qui consiste en la prévention et en la surveillance de certaines maladies animales classées comme « danger sanitaire »), mais aussi pour l’entretien de ses cornes et de ses sabots.

Une vraie vie de vache : c’est ce que nous avons offert à Primevert, sans jamais rien attendre d’elle, sans jamais l’exploiter, sans jamais lui occasionner le moindre stress, sans jamais porter atteinte à son intégrité. Nous l’avons considérée comme une personne, un individu à part entière, un être aussi intelligent que nos chiens et chats compagnons. Nous l’avons donc traitée avec le plus grand respect, celui que l’on doit à tout être vivant. Nous lui avons offert les conditions nécessaires à son bien-être et à sa bonne santé, avec toute l’expertise, l’empathie et la bienveillance qui animent les membres de notre équipe. Cela lui a permis de vivre 20 ans ! Primevert est morte de vieillesse en juillet, sans avoir souffert, et au terme d’une vie paisible au sein de notre sanctuaire.

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Les vaches sont des personnes : non au specisme ! 

« Lorsque j’ai repris les rênes de la ferme-refuge AVA, alors que j’étais tout jeune vétérinaire, j’ignorais combien de temps pouvait vivre une vache. J’ai donc posé la question à mes anciens professeurs de l’École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort, mais aucun n’a su me répondre. Les bovins étant tous destinés à mourir très tôt à l’abattoir (8 ans pour une vache, 6 mois pour un veau), nul ne savait quelle était leur espérance de vie », se souvient le Dr Thierry Bedossa, Président d’AVA. « Aujourd’hui, nous savons qu’à l’état naturel, une vache peut vivre jusqu’à 20 ans. Nous sommes donc fiers à AVA d’héberger l’une des plus vieilles populations de bovins de France ! »

En 2019, en France, 4 millions de vaches, bœufs et veaux ont été abattus pour la consommation humaine. Notre rêve est de pouvoir offrir à de nombreux autres bovins la vie qu’a eu Primevert, et qu’ont toujours deux autres vaches et un bœuf recueillis par AVA. « Notre association n’est ni végane ni abolitionniste, mais ‘welfariste’ : nous sommes en perpétuelle quête de solutions pour réduire le nombre de cruautés commises envers les animaux, dont les bêtes d’élevage, qui sont élevées pour l’écrasante majorité d’entre elles dans des élevages intensifs aux conditions de vie épouvantables, puis abattues de manière industrielle. Nous voulons encourager des modes de production éthiques, sans souffrance, sans effroi, et sans abattages massifs », explique le Dr Bedossa. En ce sens, nous travaillons actuellement sur des projets que nous espérons pouvoir vous exposer ultérieurement.

En attendant, vous pouvez soutenir nos combats en faisant un don !