Introduction

Ces dernières années, nous voyons dans les rues de Paris de nombreux rats, ce qui crée une nuisance pour les habitants et les touristes. Les rats, considérés comme « nuisibles », sont la cible de campagnes massives de dératisation. Pourtant, il serait possible de réduire la prolifération des rats dans l’espace public, sans toutefois exterminer leur population de manière cruelle.

I – D’où vient la peur des rats ?

Si les rats sont massivement exterminés, c’est avant tout parce que cela répond à une attente des citoyens, eux-mêmes en proie à une peur, voire à une phobie. Dans l’imaginaire collectif, le rat est en effet porteur de maladies, qu’on appelle « zoonoses », c’est-à-dire les maladies transmises de l’animal à l’Homme, la peste et la leptospirose en particulier.

C’est avec la peste noire que le rat est définitivement associé à la maladie. C’est le rat noir (rattus rattus) qui est le propagateur d’une grande peste médievale, au début du XIVème siècle. Entre 1347 et 1352, cette peste bubonique décime entre 30 et 50 % de la population européenne, soit environ vingt-cinq millions de personnes. Cette pandémie est à l’origine de nombreux foyers d’infections, qui se déclenchent sporadiquement jusqu’au XVIIIe siècle, notamment avec la grande peste de Londres en 1665.

Ironie du sort : le rat n’est pas directement responsable de la peste, dont il n’est pas le vecteur mais, au même titre que l’Homme, une victime. La peste, causée par le bacille Yersinia pestis, ce que découvrira en 1894 le bactériologiste franco-suisse Alexandre Yersin de l’Institut Pasteur, a pour vecteur les puces de rats. Le rat, quand il est atteint de la peste, meurt à son tour, et les puces se déplacent alors vers l’Homme, qu’elles contaminent en le piquant.

En Europe, la dernière épidémie de peste majeure a lieu en France, en 1720, à Marseille : elle tue environ 40 000 personnes sur une population de près de 90 000 habitants, avant de s’étendre en Provence où elle fait entre 90 000 et 120 000 victimes. Ce sera la dernière vague de la peste noire débutée en 1347. Mais si l’arrêt de cette épidémie doit beaucoup aux progrès de la médecine, elle doit aussi en partie à l’arrivée d’un concurrent au rattus rattus : le rattus norvegicus, tout droit venu du Japon et de l’est de la Chine et de la Russie.

Au cours du XVIIIème siècle, le rat noir, ou rat des champs, est chassé des villes par son lointain cousin, le rat gris (rattus norvegicus), aussi surnommé rat d’égout.

La disparition de la grande pandémie de peste au XVIIIème siècle, outre les mesures sanitaires entreprises, pourrait être en partie liée à l’arrivée du rat gris : si les deux types de rats sont porteurs des puces vectrices de la peste, le rat noir a tendance à sortir au grand jour pour mourir, là où le rat gris reste dans son trou, ce qui réduit les risques de contamination. Plus gros que son cousin, le rat gris serait vecteur de maladies, comme la leptostirose ou la salmonellose.

Dans les années 1920, un nouvel épisode de peste survient. On cherche le coupable : le rat est alors associé à l’Etranger, en particulier au juif. La peur du rat, c’est la peur de l’étranger. Dreyfus a beau avoir été réhabilité un an auparavant, les sénateurs antisémites blâment « les Juifs d’Orient qui nous apportent toutes sortes de maladies ». Charles Maurras, dans l’Action française du 6 octobre 1920 craint que le judéo-bolchevisme, « l’effroyable vermine des Juifs d’Orient, apporte les poux, la peste, le typhus, en attendant la Révolution ».

Il faudra l’intervention du président de  l’institut Pasteur, le professeur Roux, qui réfutera la responsabilité des juifs dans l’épidémie, et celle de Jules-Louis Breton, le ministre de l’Hygiène, pour faire taire les sénateurs. La peste bubonique était arrivée à Paris en 1917 par un bateau venant des Indes qui contenait des rats malades. Quand l’épidémie se termine, on compte 39 morts. Sous les pavés, les rats parisiens sont eux toujours infectés. En 1921, sur 7000 rats examinés, plusieurs d’entre eux sont porteurs du germe : un rat sur deux cents serait contaminé. Une dératisation est donc entamée, menée par le Laboratoire du rat, créé par la préfecture de Police après l’épidémie. A des fins d’analyse, des pièges sont posés un peu partout dans Paris, mais les rats capturés pour être observés sont parfois volés pour être revendus aux ratodromes, arrivés en France au début du siècle. Dans ces arènes, des affrontements entre rongeurs et chiens sont mis en scène : les molosses doivent égorger le plus de rongeurs possibles en un temps limité. A la grande époque des ratodromes, jusqu’à 300 spectateurs s’y presseront pour observer la grande finale du Ratier Club de France, avant que la mode ne s’éteigne, dans les années 30.

Les rats seront à nouveau source d’inquiétude à Paris en 1968. Le parisien libéré titre ainsi le 8 février 1968 à sa Une, alors même que les jeux olympiques d’hiver viennent de débuter : « Deux cent mille rats, sur quatre millions qui hantent les égouts de Paris, menacent d’envahir la capitale ! ». C’est la démolition des Halles, prévue un an plus tard, qui inquiète. Sous Les Halles, le principal marché de vente en gros de produits alimentaires frais, résideraient environ 200 000 de ces rongeurs. Après une grande campagne de dératisation, 20 000 d’entre eux sont tués, et les survivants fuient la zone alors que le marché des Halles est déménagé à Rungis.

« Le rat n’est qu’un épiphénomène dans l’Histoire. Une société comme la nôtre, qui est arrivée à un certain degré de perfectionnement technique mais ne parvient pas à maîtriser ses déchets, on peut dire que c’est une société démissionnaire, jugeait Michel Dansel, historien et auteur du livre Nos frères les rats, en 1977 dans l’émission Parti pris. Finalement le rat est un miroir. Les rats sont des révélateurs qui nous renvoient l’image de nous-mêmes qui est la plus humiliante, la plus désolante, celle de la saleté ».

II – Quel est l’état actuel des connaissances sur les populations à risques à Paris ?  

Cette peur de la maladie est-elle vraiment fondée ? Les rats peuvent-ils réellement nous transmettre des maladies zoonotiques telles que la leptospirose ?

La dernière épidémie de peste en France remonte à 3 siècles (à Marseille entre 1720 et 1723). Bien que le risque d’une résurgence de la maladie ne soit pas totalement exclu, il reste tout de même très peu probable. Aujourd’hui, c’est davantage la leptospirose qui inquiète.

Sur le site de l’Institut Pasteur, on peut dire : « la leptospirose est une maladie bactérienne présente dans le monde entier. Ses principaux réservoirs sont les rongeurs, en particulier les rats, qui excrètent la bactérie dans leur urine. Chez l’homme, la maladie est souvent bénigne, mais peut conduire à l’insuffisance rénale, voire à la mort dans 5 à 20% des cas. La leptospirose est causée par des bactéries pathogènes telle que l’espèce Leptospira interrogans. Celle-ci se maintient assez facilement dans le milieu extérieur (eau douce, sols boueux), ce qui favorise la contamination (…). Pour la prévention, les mesures de lutte collective basées sur la dératisation, le contrôle des effluents des élevages industriels, le drainage des zones inondées seraient efficaces mais difficiles à mettre en œuvre. Un vaccin humain, monovalent, est proposé en France uniquement aux travailleurs très exposés (égoutiers, éboueurs). Les protections individuelles (gants, lunettes, bottes) sont conseillées lors des activités à risque. Un vaccin multivalent pour les chiens est très largement utilisé en France. »

Lorsque l’on cherche des informations sur les bases de données scientifiques, on ne trouve aucune étude permettant de mettre en évidence des cas de contamination, notamment des populations à risque (égoutiers, agents de la RATP, pompiers, et autres professionnels plus exposés) en France. Seuls quelques rares cas sont recensés dans le monde : Seychelles, Japon, Brésil…

D’après l’Institut Pasteur, la leptospirose est « une maladie de répartition mondiale, à dominante tropicale. En France métropolitaine, elle touche environ 600 personnes chaque année, soit une incidence annuelle de 0,4 à 0,9/100 000 habitants. L’incidence est de 50 ou 100 fois plus élevée dans les régions tropicales, comme les collectivités d’Outre-mer françaises ou de nombreux pays d’Amérique Latine et d’Asie du Sud-Est. On estime à plus d’un million le nombre de cas sévères de leptospirose par an dans le monde avec un taux de mortalité supérieur à 10 %.  La saisonnalité de la maladie est très marquée, avec une recrudescence estivo-automnale liée à la chaleur et aux précipitations ».

Des centaines de milliers de rats seraient donc exterminés chaque année à Paris, pour seulement 600 personnes humaines concernées…

IIII – Pourquoi voit-on plus de rats en surface à Paris depuis quelques années ?  

Nos connaissances sont limitées sur la biologie des rats et leur écologie en milieu urbain. Leur nombre même fait débat et varie selon les sources. Ils seraient entre 3.7 et 5 millions à Paris.

Depuis 2016, les rats sont plus visibles en surface. Cela est dû à plusieurs facteurs :

  • Un environnement adapté aux besoins du rat : habituellement dans les égouts, les rats « prennent leurs habitudes à la surface », résume Stéphane Bras, porte-parole de la chambre syndicale 3D, spécialiste de la lutte antiparasitaire. « Passé la néophobie, la peur du nouveau, le rat s’habitue à la vie en milieu urbain, qui couvre tous ses besoins primordiaux : il y trouve de quoi se nourrir, boire et dormir », explique Stéphane Bras.
  • Les poubelles Vigipirate, garde-manger faciles. Elles ont été installées au tout début des années 2000 pour parer la menace terroriste. Mais si elles permettent bien à la police de déceler un éventuel explosif à l’intérieur, elles sont aussi très facilement accessibles. Ainsi, des colonies de rats déchirent les sacs transparents et se délectent des reliquats de déjeuners et autres déchets. « Toutes ces poubelles ouvertes devraient bientôt être remplacées par des contenants fermés », avait indiqué Mao Peninou, adjoint au maire de Paris, en charge de la Propreté, en 2018 au Parisien. Cela est-il aujourd’hui le cas ?
  • Un garde-manger à ciel ouvert : « De nombreuses aires de pique-nique ont ouvert au public, explique Stéphane Bras, et les restes des repas sont parfois laissés à l’abandon. » Une aubaine pour le rat qui accourt pour se servir. Les poubelles des restaurateurs aggravent le problème, puisque certains sacs poubelles sont laissées à même le sol à la fin du service. Lorsque les éboueurs ne passent que le lendemain matin, les rats ont eu le temps de se servir toute la nuit durant…
  • Le réchauffement climatique : Les hivers sont de moins en moins rigoureux, le rat profite des douces températures, donc il n’y a pas de ralentissement de la prolifération », analyse Stéphane Bras. Avec le beau temps et les températures douces, il y a également plus de monde et plus longtemps dehors, notamment à manger en terrasse ou à pique-niquer sur les pelouses… ce qui attire inévitablement les rats.
  • La mort-aux-rats: il est aujourd’hui interdit de répandre le raticide mortel pour le rongeur urbain ; On doit désormais le mettre dans des boîtes. Mais l’animal est intelligent et ne se glisse pas dans la boîte. De plus, il peut développer des résistances aux molécules supposées le tuer.
  • La reproduction : la prolifération du rat tient aussi à sa capacité à se reproduire. En théorie, un couple de rats peut produire plusieurs centaines de rats par an », mais cela compense également avec le taux de mortalité de cette espèce : l’espérance de vie d’un rat vivant dans la rue est estimée à 1 à 2 ans.
  • Crues et travaux mettent le rat à la rue : Régulièrement, la Seine monte et inonde les caves, obligeant le rat à sortir de son abri. « Mais les crues naturelles existent depuis des années, sans que le rat ne prolifère, ce n’est pas le seul facteur », prévient Stéphane Bras.
  • Les travaux : Bruits des marteaux-piqueurs, tranchées creusées, les travaux en ville dérangent également le rat. Pendant la durée des chantiers, « il y a effectivement un plus grand risque de déplacement de la population des rongeurs », confirme Stéphane Bras, car ceux-ci seraient gênés par les vibrations. Cela coïncidence d’autant plus avec les travaux des quais de Seine ainsi que ceux du Grand Paris.
  • Les politiques de lutte peu harmonisées : « Les bâtiments ne sont pas hermétiques, si l’un est traité, les rats se déplacent dans l’autre. La mairie engage des campagnes mais ce n’est pas forcément suivi par les autres acteurs privés qui accueillent du public. Tous les acteurs privés n’ont pas forcément pris la mesure du problème et ne déclenchent pas forcément de campagnes de dératisation. »

Ce que le confinement nous enseigne

En somme, la prolifération des rats est avant tout due à l’activité humaine : c’est la nourriture qui les attire à la surface. Avec le confinement lié au covid-19, les pigeons et les rats ont semblé disparu des rues et des jardins de Paris. Cela est dû à l’absence d’activité humaine. La grande majorité d’entre eux sont vraisemblablement morts… de faim. Tout comme les pigeons, les rats consomment nos restes alimentaires qu’ils trouvent dans les poubelles ouvertes, dans les restes de marché, dans les détritus ou les miettes que nous laissons lorsque nous mangeons dehors. Nous n’avons pas moins consommé durant cette période, mais confinement oblige, nous prenions nos repas à l’intérieur et les déchets furent jetés dans des poubelles fermées. Plus aucune ressource disponible pour eux à l’extérieur.

Il est toujours difficile d’évaluer l’effectif des populations animales. Ce qui est sûr c’est qu’il y a dans Paris plusieurs dizaines de milliers de pigeons et de rats. Chacun de ces animaux consommant entre 20 et 40 g /j. Cela signifie que ces animaux « épurent » habituellement en dehors de la période de confinement, chaque jour, plusieurs dizaines de tonnes de déchets que nous laissons par terre à Paris et qui ne sont pas ramassés rapidement par les services de nettoyage.

IV – Cruautés des méthodes actuelles

Aucune étude ne permet d’objectivité la population des rats à Paris. Mao Peninou, adjoint à la mairie en charge des questions de propreté a déclaré qu’ « aucun élément objectif ne permet de dire qu’il y a plus de rats, seulement qu’il y a plus de rats en surface qu’auparavant».

Pourtant, la Mairie de Paris recourt, pour diminuer la population de rats, à l’empoisonnement massif et généralisé. Sont utilisés des anticoagulants, qui provoquent des hémorragies internes et causent la mort dans d’atroces souffrances.

Le 9 novembre 2017, la Mairie de Paris a conclu avec l’établissement public VetAgro Sup une convention ayant pour objet l’évaluation de la résistance génétique des rats aux anticoagulants dans la perspective de la mise au point de produits plus efficaces. Cette étude, publiée fin octobre 2017 et menée depuis 2011 par l’INRA, VetAgro Sup et l’Institut Pasteur révèle que les rats sont particulièrement résistants : 56% des rats étudiés étaient génétiquement résistants aux raticides. Les chercheurs ont en effet examiné leur foie. Ils ont constaté qu’ils avaient été en contact avec un produit empoisonné et que près de 10% recelaient des résidus provenant de quatre produits différents. Preuve de leur consommation.

« Les raticides sont en fait des anticoagulants, utilisés pour tenter de contrôler les populations de ces rongeurs, explique au Figaro Gwenaël Vourc’h, scientifique clermontoise en charge de l’étude. Nous connaissons les gènes qui rendent les rats insensibles à la mort-aux-rats. Près de la moitié des animaux capturés les possédaient »

Une directive européenne a renforcé les restrictions concernant l’usage des produits chimiques pour tuer les rongeurs. Cette réglementation impose d’enfermer les anti-coagulants dans des boîtes en plastique, par souci écologique. Or les rats, qui sont très intelligents, n’entrent pas dans ces boîtes, a fortiori s’ils ont la possibilité de trouver de la nourriture ailleurs. L’inefficacité de cette technique est une autre raison qui explique pourquoi on voit davantage de rats en surface.

En somme, les méthodes actuellement employées sont non seulement cruelles, mais elles sont surtout contreproductives.

V – Alternatives pour moins de cruauté et plus d’efficacité

L’enjeu n’est pas d’exterminer les rats, mais de les rendre moins visibles à la surface, tout en assurant un contrôle raisonné de leur population. En 2017, la mairie de Paris avait débloqué 1,5 million d’euros consacrés à la dératisation de la capitale (notamment en déployant des personnels supplémentaires pour le nettoyage des pavés, la mise en place de nouveaux équipements, etc). Trois ans plus tard, on ne peut qu’en constater l’échec puisque les rats sont toujours présents et bien visibles.

Le rat brun passe 50 à 75% de son temps dans son terrier. Il ne sort que pour manger ou user ses incisives. Si l’on voit un rat courir, traverser un parc ou une rue, c’est qu’il est en train de chercher à manger, ou même d’en transporter. Il consomme environ 10% de son poids par jour. Une fois revenu dans son terrier, ce rongeur vit en colonie, d’une trentaine à une centaine d’individus : c’est un animal grégaire. La colonie fonctionne de façon à occuper un espace vital le plus réduit possible. Le rat brun a trois totems : le terrier, la boisson, la nourriture. S’il n’y avait aucun déchet alimentaire accessible, les rats ne proliféreraient pas. En temps normal, ils sont capables de réguler eux-mêmes leur population : les femelles dominantes repoussent les mâles qui se tiennent près des jeunes femelles en chaleur. Cette régulation se fait selon la nourriture accessible : ainsi, lors d’une grève des éboueurs, les rats se multiplient. Les femelles se laissent couvrir et il faut entre un mois et un mois et demi avant que les plus jeunes ne quittent la colonie pour s’installer plus loin. Une femelle donne naissance à huit ratons en moyenne à chaque portée, tous les six mois.

Le meilleur moyen de lutter contre la prolifération des rats est donc de jouer sur leurs ressources :

  • Empêcher les rats de sortir des égouts, par exemple par la pose de grillages sur les plaques et grilles d’égouts
  • Limiter l’accessibilité des déchets alimentaires aux rats, par exemple en augmentant le nombre de poubelles dans les espaces verts et les zones piétonnes, et en remplaçant progressivement les sacs par des conteneurs fermés
  • Accroître les tournées de ramassage des poubelles dans les lieux les plus fréquentés et accueillant le plus de pique-niques, et renforcer le nettoyage de l’espace public
  • Sensibiliser la population à ne pas jeter de la nourriture dans les rues et les espaces verts, qu’il s’agisse de déchets, de graines ou de pain destinés aux oiseaux, qui sont très appréciés par les rats.

 

Conclusion :

Le rat est une espèce sociale extrêmement intelligente. Le rat peut se fier à deux éléments importants pour s’adapter : d’une part la connaissance issue de la colonie de rats (sa culture au sens large), et d’autre part sur ses sens.

Concernant sa culture, il faut savoir que les rats non domestiqués vivent en communautés de type familiales et que l’intelligence des choses dangereuses est transmise par filiation. Ce qui permet déjà au rat d’éviter bon nombre de pièges. Mais quand une situation nouvelle intervient, il faut qu’un rat membre de la colonie se dévoue pour voir s’il y a danger. S’il n’est rien arrivé de négatif au rat testeur alors, le groupe considère qu’il n’y a pas de danger. Cela est nommé l’intelligence de groupe.

Concernant les sens, les rats disposent de sens particulièrement développés. Les rats peuvent en particulier compter sur leur odorat infaillible qui lui permet de repérer, distinguer et analyser toute situation. Les rats ont également une très bonne mémoire spatiale.

Outre l’intelligence de groupe, et bien que les rats vivent en société, il faut également prendre en compte l’intelligence individuelle des rats. Ainsi, chaque rat est capable d’analyser une situation.

Utiles, les rats pourraient engloutir jusqu’à 9 kg de détritus chacun par an. Ils contribueraient ainsi à déboucher les tuyauteries des égouts en consommant les détritus.

Une gestion qui respecte les attentes des parisiens et qui serait probablement plus efficace et moins cruelle, c’est : informer sur l’absence de risque zoonotique objectivé par les études scientifiques actuelles, et avant tout de s’engager dans une gestion des déchets organiques qui ne soient pas accessibles dans les zones fréquentées par les humains.

La problématique de la gestion de la population des rats à Paris, mais aussi partout en France et dans le monde, doit être étudiée selon le principe du mouvement « One health » (une santé) telle que définie par le Dr Michael W. Fox : la santé des hommes, celle des animaux, et celle de la Terre, ne sont pas des entités séparées, mais sont au contraire toutes interconnectées et interdépendantes.