Quelles sont les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur les chiots et chiens de race ?

Selon une étude menée au Royaume-Uni (étude Brand et coll., 2022), les confinements imposés dus à la pandémie de COVID-19 ont entraîné un véritable impact sur la socialisation, la démographie ainsi que la santé des chiots. Ces chiots nés en 2020, appelés “chiots pandémiques”, ont été comparés aux chiots nés en 2019 et des différences notables ont été observées, à savoir : une augmentation du nombre de chiots de race, un risque de ventes illégales de chiots mais aussi des problèmes de socialisation.

Un phénomène émergent : les croisements intentionnels entre races

L’étude britannique a comparé des chiots “pandémiques”, achetés durant la période de confinement (achetés entre le 23 mars et le 21 décembre 2020) avec des chiots acquis lors de la même période (mars – décembre) en 2019. Les auteurs en ont conclu qu’il y avait beaucoup plus de chiots nés de race cockapoo (croisement entre un cocker et un caniche) et des caniches. La popularité du cockapoo a par ailleurs augmenté de 31,7% comparé à l’année 2019. C’est un fait : la proportion de chiens de race a augmenté de façon significative entre 2019 et 2020, passant de 18,8% à 26,1%. Ce pourcentage comprend les croisements entre races particulièrement “à la mode” en Grande-Bretagne, comme les labradors croisés caniches (labradoodle) ou encore les cavaliers king charles croisés caniches (cavapoo). Cette augmentation a été significative notamment en Angleterre, dans les régions du nord.

La réglementation était moins bien respectée

D’après cette étude, les chiots « pandémiques » étaient moins susceptibles d’être allés consulter un vétérinaire pour un contrôle de santé avant d’être adoptés et emmenés dans leur futur foyer (87,4% en 2020 contre 91,3% en 2019). Ils étaient aussi moins susceptibles d’avoir reçu leurs deuxièmes vaccins avant d’être ramenés chez leurs nouveaux propriétaires par rapport aux chiots de 2019 (6,4% contre 8,4%). De même, tous les chiots n’avaient pas été identifiés, alors qu’il s’agit d’une obligation réglementaire imposée aux cédants. Ainsi, les éleveurs doivent impérativement faire pucer leurs chiots avant chaque vente.

Les auteurs de l’étude insistent sur le fait de sensibiliser davantage :

· les éleveurs britanniques afin qu’ils appliquent les exigences réglementaires

· les acheteurs de chiots afin qu’ils puissent détecter ce non respect de la loi chez les éleveurs

Aussi, au moment de la vente, les éleveurs ont vendu plus de chiots avec un passeport. (7,1%, contre 4,1% en 2019).

Les associations de protection animale affirment que la pandémie a donné lieu à une augmentation de plus de 100% du nombre de chiots importés. La demande de chiots durant la pandémie a beaucoup augmenté, ce qui a entraîné des offres illégales et irrespectueuses du bien-être animal. Certains propriétaires auraient, sans le savoir, encouragé ce commerce croissant de l’importation de chiots en Europe.

Peu de socialisation les premiers mois de leurs vies

Les confinements nous obligeant à restreindre notre cercle social, la proportion de chiots n’ayant pas été habitués à la visite d’autres personnes chez eux avant l’âge de 16 semaines a quasiment triplé, passant à 12,8%, contre 4,6% en 2019.

D’ailleurs, très peu de chiots de moins de 16 semaines ont pu bénéficier de cours d’éducation canine. Enfin, les chiots « pandémiques » étaient beaucoup moins susceptibles d’avoir été laissés seuls pendant plus de quatre heures pour les habituer à rester seuls chez eux. Selon les auteurs, il est inquiétant qu’en 2019 et 2020, environ un chiot sur six soit dans ce cas.

Plus de parasitisme et de troubles cutanés chez les chiots pandémiques

Des troubles cutanés et des infestations parasitaires ont été repérés chez les chiots pandémiques, plus que chez les chiots de l’année 2019. Selon les auteurs, le fait que les chiots aient des parasites est probablement lié au fait que les propriétaires des chiots « pandémiques » étaient interrogés peu de temps après l’acquisition des chiots. Concernant les troubles cutanés, les propriétaires pourraient être plus susceptibles de remarquer les démangeaisons des chiots en raison de l’augmentation du temps passé avec eux pendant les confinements.

Heureusement, les niveaux d’activité de prévention et de soins de santé, l’inscription auprès d’une clinique vétérinaire, l’assurance, l’utilisation de vermifuges et traitements antiparasitaires ou l’identification électronique, ne différaient pas de façon significative entre les chiots sur les deux années. Au contraire, les assurances pour animaux de compagnie ont vu une augmentation puisqu’en 2019 et en 2020, plus de 8 chiots sur 10 ont été déclarés assurés au Royaume-Uni.

Cette étude a permis de soulever des évolutions plutôt inquiétantes concernant la provenance et la démographie des chiots dits pandémiques, avec une forte augmentation des chiots issus de croisements intentionnels entre races et des ventes avec un passeport lors de la pandémie. Alors que les premiers mois de la vie des chiots constituent une période de développement critique, ceux-ci ont été également beaucoup moins exposés à la venue de visiteurs chez eux, ce qui peut développer des troubles anxieux.