Alors que nous traversons une crise sanitaire sans précédent, nos animaux de compagnie en subissent eux aussi les conséquences. Mais contrairement à nous, ils ignorent pourquoi nous sommes désormais auprès d’ eux, 7 jours sur 7, 24h/24, et pourquoi nous dégageons probablement des émotions négatives et anxiogènes. Alors quel impact le confinement a-t-il vraiment sur les chiens et les chats de compagnie ? Pour le savoir, l’association AVA (Agir pour la Vie Animale) et l’organisme de formation Animal University ont lancé une enquête auprès des propriétaires des animaux de compagnie*.

Près d’1 propriétaire sur 3 trouve son animal plus heureux depuis le début du confinement

Si la majorité (54,8%) des propriétaires déclarent que leurs animaux n’ont pas changé d’ attitude depuis le début du confinement, 31% les trouvent même plus heureux.

Comment peut-on expliquer cela ? Probablement parce que les animaux bénéficient de notre présence devenue permanente, ce qui est une source de bien-être :

  • 35,9% des propriétaires affirment accorder plus de temps à leur animal et être plus attentifs à leurs besoins depuis le début du confinement
  • 63% estiment accorder autant de temps à leur animal qu ’auparavant.

Contrairement à ce que l’ on pourrait penser, cette enquête basée sur les observations empiriques des propriétaires semble donc montrer que les animaux ne souffrent pas du confinement pour la grande majorité d’ entre eux. Mais notons tout de même que 12,6 % des propriétaires ont remarqué que leur animal est moins heureux depuis le début du confinement. Focus sur les chiens et les chats :

Pour les chiens, cela peut s’expliquer par des frustrations physiques et sociales :

  • Une baisse de l’ activité physique (41% des propriétaires de chiens déclarent les promener moins fréquemment et 6% ne les promènent plus du tout !)
  • Un manque d’interaction avec des congénères (14% des propriétaires trouvent que leur chien a plus envie d’interagir avec d’ autres chiens et 11% des chiens se montreraient actuellement plus excités dans la rue).

Chez les chats, on observe peu de changements dans leurs habitudes et leur comportement. Probablement parce que 60% des répondants propriétaires de chats affirment que leurs félins sortaient avant le confinement et continuent de le faire. La part de propriétaires dont le chat sortait auparavant mais ayant décidé de le confiner, est anecdotique (0,5 %) Seuls quelques rares cas de chats manquant d’intimité ont été rapportés.

84% des propriétaires affirment que leur animal n’a pas développé de comportement « gênant » depuis le début du confinement

« Lorsqu’ils ne se trouvent pas en situation de mal-être, les animaux n’ont aucune raison de développer des comportements dits gênants. »
Thierry Bedossa, Docteur vétérinaire, Président d’AVA.

Pour les deux espèces, quelques cas d’ agressivité entre congénères et/ou avec des humains ont été relevés. « Cela peut être dû à un manque d’interaction entre congénères, mais aussi à la tension qui peut régner au sein du foyer de l’ animal, ou encore à la sur-sollicitation de certains humains, comme par exemple les enfants qui s ’ ennuient et sont de ce fait souvent très (trop) demandeurs d’interaction vis-à-vis de l’ animal », décrypte le Dr Bedossa. » Quelques cas de destructions ou de malpropreté, très minoritaires, ont également pu apparaître.

En revanche, « il est possible que des comportements gênants apparaissent non pas lors du confinement mais lors du déconfinement, analyse Eléonore Buffet, éducatrice canin-comportementaliste et formatrice chez Animal University. Lorsque le maître reprendra son rythme de vie habituel, beaucoup d’ animaux vont se retrouver à nouveau seuls la journée. Ils peuvent développer ce qu’on appelle communément une anxiété de séparation menant à des aboiements ou des destructions lors des moments de solitude. Cela peut être notamment le cas de chiens ayant été adoptés durant le confinement, d’ où l’importance de leur apprendre le détachement. »

Conclusion

Cette enquête apporte a priori de bonnes nouvelles : non seulement nos animaux de compagnie ne semblent pas souffrir du confinement, mais en plus ils nous aident à le vivre mieux (pour 95,7% des personnes interrogées).

« Ces résultats montrent le rôle fondamental que joue l’humain auprès de son chien ou de son chat ; l’interaction sociale interspécifique est primordiale dans la relation homme-animal ; mais à noter toutefois qu’il est possible de passer à côté des signaux de stress de l’animal, certains sont subtiles et difficiles à identifier lorsqu’on n’est pas professionnel comme l’ont mis en évidence Mariti et al. dans une étude de 2012 parue dans Journal of Veterinary Behavior Clinical Applications and Research. »
Sarah Jeannin, psychologue clinicienne, docteur en Ethologie (science du comportement animal) et formatrice chez Animal University.

En effet, paradoxalement, le Dr Bedossa, docteur vétérinaire clinicien, rencontre au cours de ses consultations « plus de chiens et chats anxieux chroniques, en relation probablement avec le confinement, la promiscuité, l’anxiété des propriétaires. »

L’association AVA ainsi que son partenaire Animal University encouragent donc les propriétaires à rester sensibles au bien-être de leurs animaux pendant, mais aussi après le confinement, et rappellent qu’en cas de difficultés, il ne faut pas hésiter à avoir recours à des professionnels bienveillants et expérimentés.

Lire le communiqué de presse

 

*Enquête en ligne réalisée du 12 au 15 avril 2020. 2 756 répondants propriétaires d’au moins 1 animal, résidant en France.