En pleine épreuve du procès, les victimes du 13-Novembre se ressourcent auprès des animaux de la ferme-refuge AVA

Ce samedi 23 octobre, 4 victimes des attentats du 13-Novembre se sont rendues à la ferme-refuge de l’association AVA (Agir pour la Vie Animale), située dans la commune de Cuy-Saint-Fiacre, en Seine-Maritime (76).

L’objectif de cette visite : profiter des bienfaits des animaux et de l’air de la campagne normande, loin des bancs du Palais de Justice de Paris où certains d’entre eux étaient entendus ces derniers jours comme parties civiles, dans le cadre du procès qui s’y tient actuellement.

Il s’agit d’une initiative du Dr Delphine Morali-Courivaud, psychiatre et directrice médicale de l’Institut de victimologie de Paris où sont suivies ces victimes des attentats.

« Ces patients sont particulièrement éprouvés en cette période de procès qui vient de s’ouvrir et va durer des mois, et j’ai pensé qu’une journée au Refuge, loin du bruit et de l’agitation de la faune parisienne et près de la faune d’AVA leur offrirait une parenthèse des plus bénéfiques », témoigne-t-elle.

Jackson et un patient de l'Institut de Victimologie de Paris

Tout au long de la journée, les patients ont ainsi eu l’occasion d’arpenter les allées de la ferme-refuge AVA, située au sein d’un domaine verdoyant de 75 hectares où vivent actuellement plus de 500 animaux en semi-liberté. Ils sont allés à la rencontre de ces chiens, chats, équidés, bovins et daims qui composent la ferme-refuge et ont tous en commun d’avoir échappé à l’euthanasie ou à l’abattoir. Les patients ont pu passer quelques moments privilégiés auprès d’eux, à les caresser, à emmener en balade une meute de petits chiens âgés, ou encore à assister au nourrissage des daims, dans cette bulle de bienveillance et d’humanité où on apprend à des êtres qui ont souffert à reprendre confiance en l’Homme.

Jean*, l’un des patients, témoigne : « J’ai été impressionné par la taille de ce refuge et son aspect qu’on pourrait qualifier de sauvage. C’est d’ailleurs plus une sorte de réserve qu’un refuge ! »

Effet-miroir entre humains et animaux ayant souffert

Le Dr Delphine Morali-Courivaud connaît bien les vertus de la présence animale pour les êtres humains, maintes fois démontrées par la science : c’est ce qu’on appelle la zoothérapie. Convaincue par les bienfaits apportés par les animaux, la psychiatre a développé en 2019, avec le Dr vétérinaire Thierry Bedossa, fondateur et Président de l’association AVA, un programme inédit de « pet-therapy », c’est-à-dire de thérapie assistée par l’animal. Ce programme consiste à mettre en relation des patients humains souffrant de stress post-traumatique et des animaux de refuge ayant eux aussi un passé souvent douloureux. Encadrés par leurs thérapeutes (pour les patients), et par leurs soigneurs (pour les chiens), humains et animaux bénéficient ainsi d’effets positifs mutuels. Un programme qui s’adresse donc aussi bien aux personnes qu’aux animaux. Au-delà des différences qui séparent les deux espèces, chaque être vivant puise en l’autre une source de réconfort dépourvue de jugement.

Fort des résultats obtenus à l’issue de six mois d’existence avec six premiers binômes humain-chien en 2019 (à raison d’une demi-journée toutes les deux semaines à la ferme- refuge AVA), ce programme a été reconduit en 2021 avec six nouveaux patients.

Bien que les victimes des attentats du 13-Novembre en visite à AVA ce 23 octobre ne fassent pas partie du programme de « pet-therapy » actuellement en cours, le Dr Morali-Courivaud a jugé pertinent de permettre à ces derniers de s’oxygéner, eux aussi, le temps d’une journée thérapeutique. D’autres journées de ce type seront organisées ultérieurement.

*Prénom modifié

JE FAIS UN DON