6 chiens injustement euthanasiés : plus jamais ça !

Agir pour la Vie Animale (AVA) s’était émue en février dernier du sort de six chiens (cinq cane corso et un bullldog anglais) sous le coup d’une euthanasieque nous jugeons encore aujourd’hui abusive. Malgré toutes nos actions entreprises depuis lors, les 6 chiens du refuge de Bort-les-Orgues (Corrèze) ont finalement été mis à mort de manière scandaleuse à la fin du mois de mai. Nous dénonçons et condamnons fermement l’acharnement du maire de Bort-les-Orgues, Eric Ziolo, et de la clinique vétérinaire qui se sont rendu coupables de cette scandaleuse mise à mort en toute connaissance de cause.

Rappel des faits

Le 15 octobre 2020, une personne vulnérable (femme âgée et malade) est victime d’une agression. Quatre chiens divagants au même moment sont accusés d’en être responsables. Il n’y a pourtant aucun témoin.  

Ces quatre chiens, ainsi que deux autres qui n’étaient pas présents au moment des faits, appartiennent tous à la même personne. Tous les six sont immédiatement saisis et emmenés à la fourrière du refuge animalier bortois de Bort-les-Orgues.

Le maire de Bort-les-Orgues, Eric Ziolo, décrète leur euthanasie, y compris celle des chiens absents de façon certaine (un chiot cane corso de trois mois et une femelle bulldog anglais), avec le soutien de la préfecture.

Cette affaire connaît alors un retentissement médiatique totalement inattendu, et les chiens reçoivent le soutien d’un public nombreux dont celui d’Alain Delon.

Le Dr vétérinaire Thierry Bedossa, président de l’association AVA se rend sur place à la demande de M. Alexandre Chauvet, président du refuge animalier bortois, et constate l’absence de dangerosité potentielle de ces chiensdans les conditions dans lesquelles ils sont observés. Il note en revanche un très net déficit d’éducation et de socialisation de certains chiens, lacunes qui ont pu conduire à l’accident dès lors que les chiens se sont retrouvés divagants et en meute.

Le Dr Bedossa réalise une évaluation comportementale des six chiens, dont les résultats contredisent totalement ceux de la première évaluation, effectuée dans l’urgence par un vétérinaire du département. Selon le personnel du refuge présent au moment de cette première évaluation, le vétérinaire mandaté n’avait même pas pris la peine de sortir les chiens des boxes et de les observer individuellement. Il les a tous classés au niveau 4/4 de dangerosité, y compris le chiot qui n’avait que trois mois à ce moment-là, un âge qui n’est pas compatible avec une évaluation comportementale réaliste. Le Dr Bedossa, lui, opte pour les niveaux 1 et 2 sur l’échelle de dangerosité.

« En conclusion et selon moi, aucun de ces chiens ne mérite d’être mis à mort et, sur la base de ce que j’ai constaté, aucun ne présente de dangerosité potentielle élevée en présence de personnes connaissant les chiens », déclare le Dr Bedossa dans son compte rendu d’évaluation comportementale.

refuge animalier bortois

Réunion d’un collège d’expert

En complément, l’association AVA sollicité l’expertise de professionnels en urgence afin de recueillir leurs avis quant au comportement et au devenir de ces chiens. Nous prenons l’initiative de demander une autre évaluation comportementale à un vétérinaire habilité à la pratiquer dans ce département. Nous lui sommes extrêmement reconnaissants de cette intervention. Ses conclusions vont dans le sens de celles du Dr Bedossa et préconisent un placement dans une structure spécialisée et adaptée pour une partie de ces chiens, tandis que deux d’entre eux pourraient même être placés en famille d’accueil voire être adoptés.

Nous mobilisons Eléonore Buffet, éducateur comportementaliste canin et présidente d’Animal University, qui a elle aussi constate sur place l’absence de dangerosité potentielle de ces chiens.

Nous demandons enfin l’avis de Maître Neli Sochirca, avocat au barreau de Paris, ayant récemment obtenu le droit à la vie auprès du Conseil d’Etat pour un chien qui, lui aussi, était menacé d’euthanasie dans une autre affaire.

Pour la première fois, un collège d’experts est donc réuni à l’initiative d’une association de protection animale, AVA, pour mettre en commun multi-compétences et multi-expertises au service de ces êtres vivants doués de sensibilité victimes d’une injustice humaine. Cela va dans le sens d’un amendement que nous avions proposé à l’Assemblée nationale, mais qui a hélas été pour le moment jugé « irrecevable ».

Les chiens avaient une alternative à l’euthanasie

De plus, nous nous sommes engagés à accueillir ces 6 chiens dans notre refuge, une structure équipée pour cela, avec du personnel compétent, à Cuy-Saint-Fiacre (76). L’objectif étant de leur éviter une euthanasie arbitraire et évitable.

Parallèlement, nous avions lancé une pétition pour sauver ces chiens ayant récolté à ce jour plus de 41 000 signatures.

Malgré tous nos efforts, la mobilisation du refuge animalier bortois et de ses bénévoles, ainsi que l’indignation du grand public et l’action de l’avocat de la propriétaire des chiens, le maire de Bort-les-Orgues a maintenu sa décision qui a été entérinée par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand le 11 mai. Les 6 chiens ont tous été tués le 27 mai à l’issue d’une opération de gendarmerie d’envergure. Le responsable du refuge n’avait même pas été prévenu. Les résultats de prélèvements ADN n’étaient même pas connus et il n’y avait aucun témoin, et donc, aucune preuve de la culpabilité de ces chiens.

Stop à la schizophrénie vétérinaire !

La responsabilité de cette situation incombe donc totalement à la propriétaire, irresponsable, et qui ne devrait plus être autorisée à détenir de tels chiens (des molosses puissants classés dans le groupe des chiens de garde et de défense).

Nous condamnons fermement l’action de M. Ziolo, mais aussi et surtout celle des vétérinaires de la clinique vétérinaire qui se sont montré complices et coupables de l’euthanasie de ces 6 chiens alors qu’ils étaient en droit de la refuser.

Une plainte à l’encontre du vétérinaire ayant réalisé la première évaluation comportementale de ces chiens sera probablement déposée auprès de l’Ordre national des Vétérinaires par M. Chauvet, responsable du refuge animalier Bortois. Nous le félicitons pour cette démarche courageuse.

Plus encore, le Dr Bedossa appelle à un véritable « éveil des consciences » : nous invitons chaque personne sensible à cette cause à interpeller son propre vétérinaire sur cette question si tabou qu’est l’euthanasie de convenance : un vétérinaire doit soigner et sauver des vies, et non y mettre un terme de façon arbitraire et être complice des pires cruautés.

 

Thierry Bedossa et Alexandre Chauvet s’expriment – Voir en replay notre Facebook live :