L’expérimentation animale : avancée majeure, et pourtant ça coince

 

La force de l’habitude, le besoin de mettre l’homme au-dessus de tout, l’histoire… Il existe de multiples raisons pour lesquelles les animaux sont toujours utilisés à des fins scientifiques aujourd’hui. Pourtant, ce “mal nécessaire” que les scientifiques font subir aux animaux est certes inscrit aux yeux de tous, mais pourtant infondé. Au total, ce sont 4 millions d’animaux utilisés chaque année en France pour la science.

L’humain n’est pas un rat de 70 kg

L’essai sur les animaux est une des conditions primordiales requises avant de passer aux essais cliniques sur les humains selon la réglementation internationale mise en place depuis 1946 et toujours en vigueur. Pourtant, aucune espèce animale ne peut être un modèle biologique pour l’humain : « l’humain n’est pas un rat de 70 kg », rappelle André Ménache, vétérinaire et membre permanent du conseil scientifique d’Antidote Europe. Les propos des scientifiques quant à l’expérimentation animale sont contradictoires. Leurs arguments reposent notamment sur le fait que les animaux et les humains se rapprochent génétiquement. Pourtant, les recherches biomédicales sur les chimpanzés (qui est notre plus proche cousin) ont été stoppées par le plus grand organisme de recherche au monde (National Institutes of Health aux Etats-Unis), car jugées non indispensables. Alors si le chimpanzé n’est plus un bon modèle pour les recherches, pourquoi utiliser des souris avec qui nous avons 70 millions d’années d’évolution de différence ? La présence d’un gène quasiment identique ne suffit pas à ce que les recherches aboutissent quand il s’agit d’études sur des systèmes complexes comme le système nerveux par exemple.

Un modèle dont on peut douter de la fiabilité

De plus, d’après la Haute Autorité de Sécurité sanitaire aux Etats-Unis, le FDA, sur 10 nouveaux médicaments ayant réussi leurs tests sur les animaux, 9 vont échouer au cours des essais cliniques chez l’Homme. C’est un taux d’échec énorme, malgré le fait que l’industrie pharmaceutique puisse choisir la souche testée. « Est-ce que le modèle animal est un modèle fiable pour tester des médicaments pour des maladies humaines ? Cela n’a jamais été validé », affirme André Ménache.

Les alternatives proposées ne n’en sont pas vraiment puisqu’elles sont basées sur le principe des trois R : Réduction, Raffinement et Remplacement des expériences sur les animaux (principe élaboré par deux chercheurs Anglais, Russel et Burch en 1959). En fait, 80% de ces alternatives impliquent la réduction du nombre d’animaux utilisés. 20% utilisent encore des cellules, dont 10% sont des cellules animales. Il ne reste donc que 10% des alternatives qui proposent des expériences sans utilisation d’animaux du tout. Autrement dit, très peu.

Les mœurs évoluent : une grande avancée au Parlement Européen

Malgré tout, de plus en plus d’acteurs de la recherche contestent l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques. Ils prônent le fait que chaque animal est un système évolutif complexe unique qui ne peut être comparé à un autre. Il ne suffit pas de dire que les animaux nous ressemblent. Bien sûr, c’est le cas mais pas dans l’étude scientifique du vivant. Finalement, il existe très peu d’analyses pour mesurer si les résultats obtenus sur les animaux peuvent être transposés à l’humain. C’est le cœur des méthodes alternatives et de la solution qu’elle représente pour mettre fin aux cruautés et aux souffrances dans certains domaines de la recherche scientifique qui utilise l’expérimentation animale. Elles peuvent provenir de tissus prélevés lors de chirurgies ou de mises bas/accouchements mais aussi de prélèvements réalisés sur des fœtus et des embryons. Néanmoins, elles peuvent aussi provenir de cellules prélevées sur des animaux élevés et mis à mort dans cette intention, comme c’est sans doute le cas pour certains anticorps monoclonaux de certains laboratoires.

Les consciences s’éveillent jusqu’à même gagner une victoire au sein du Parlement Européen, qui a su écouter la voix des citoyens : les députés ont voté en faveur du développement d’un plan d’action visant à mettre fin à l’expérimentation animale. Peut-on dans ce cas espérer un avenir sans expérimentation animale ? Il appartient désormais à la Commission européenne de mettre en place ce plan d’action, avec différentes étapes, à l’échelle de l’Union Européenne. Ce vote historique démontre un véritable progrès dans l’histoire de l’expérimentation animale ! Enfin, nous progressons, peu à peu, vers une science adaptée à l’être humain en arrêtant toute utilisation d’animaux en laboratoire.

Le combat d’AVA contre l’expérimentation animale

À AVA, nous avons pris en charge plus d’une quinzaine d’animaux de laboratoire. Loutre et Tara en font partie. Ces deux femelles beagles ont été récupérées de laboratoire après avoir servi à réaliser des recherches sur l’appareil reproducteur de la femme. Elles ont su réapprendre à avoir confiance, avec beaucoup de temps et de persévérance. Elles ont eu droit à ce nouveau départ, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour tous.

Le 24 avril 2021, un atelier “expérimentation animale” a été retransmis en live sur notre page Facebook en présence du Docteur André Ménache, Docteur vétérinaire et responsable du Comité scientifique permanent de l’association Antidote Europe, Nicolas Marty, président de l’association ACTA et bénévole pour l’association Animal Testing, Muriel Obret, membre de la commission condition animale Europe Ecologie Les Verts et co-fondatrice de Transcience, ainsi que le Docteur Thierry Bedossa, Docteur vétérinaire et Président d’AVA. Pour le revoir : https://www.facebook.com/watch/live/?ref=watch_permalink&v=518027255856574

Le 20 juillet 2021, nous avons continué notre démarche de sensibilisation par le biais d’un live diffusé sur notre page Facebook, animé par le Docteur André Ménache sur « Pourquoi il faut en finir avec l’expérimentation animale ?” Pour le revoir : https://www.facebook.com/watch/live/?ref=search&v=835837000640734

Maintenant que la protection de l’environnement, la santé humaine et le bien-être des animaux sont des sujets beaucoup plus au cœur des préoccupations qu’avant, on tend vers de nettes améliorations. Nous sommes dans un siècle riche en innovations et en nouvelles technologies qui peuvent être mises au service de la science. Le principal défi, c’est de sensibiliser et d’informer le public afin de faire de la recherche biomédicale une science éthique pour tous : Hommes et animaux.

Sources : « Animaux cobayes et santé vétérinaire », André Ménache, vétérinaire

https://www.petafrance.com/actualites/le-parlement-europeen-vote-un-plan-pour-la-fin-de-lexperimentation-animale/