Les facteurs d’agressivité chez le chien, précisés par une nouvelle étude

« Si un chien est méchant, regarde qui est au bout de la laisse » disait Coluche. Une citation en disant long sur l’importance de l’éducation, mais relativement incomplète puisqu’occultant les facteurs environnementaux et physiologiques du chien.

En Finlande, une étude menée auprès de 9270 propriétaires de chiens a permis de renforcer nos connaissances sur l’agressivité canine, en se basant sur de nombreuses caractéristiques telles que l’âge, le genre, la fragilité émotionnelle, la taille, l’expérience du maître et la sociabilisation du chien.

La peur, premier élément déclencheur

Ce n’est pas une surprise, mais l’étude a mis en évidence la relation entre les comportements agressifs d’un chien, sa nature craintive et sa sensibilité aux bruits. Un constat déjà validé en 2020 lors d’une étude précédente, réalisée cette fois auprès de 13,000 chiens Finnois qui avait démontré que des chiens prédéfinis comme agressifs (tendance à la morsure, aux aboiements ou aux réactions de défense) se montraient trois plus agressifs que des chiens habituellement pacifiques. 1

L’âge, facteur d’agressivité… mais sous certaines conditions

Vérifié par d’autres études, il apparaît clairement que l’âge n’est pas forcément synonyme de sagesse chez nos amis canidés. D’ailleurs, plus ils vieillissent, plus ils auraient tendance à grogner, montrer les dents, voire mordre. La différence est par ailleurs significative entre un chien de 10 ans, et un autre spécimen deux fois plus jeune. Pourtant, rien à voir avec de l’aigreur ou de la bougonnerie. Il s’agirait plutôt de réactions à des douleurs survenant avec l’âge 2 , comme des dysplasies ou des cataractes, les empêchant de déterminer avec précision les éléments les entourant.

Et la race, dans tout ça ?

Là encore, l’étude rebat les cartes. Bien que des récentes études aient prouvé que les Chihuahuas ou les Jack Russel 3 soit plus susceptibles de se montrer agressifs, il apparaît surtout qu’il est important de prendre en compte d’autres facteurs physiologiques. Parmi ceux-ci, des troubles morphologiques pouvant entraîner des douleurs boostant leurs mécanismes de défense. A noter que les pitbulls sont bien loin de la tête du classement, à la différence des Colleys… plus à-même d’éprouver de la peur en cas de danger.

Cependant, il est clairement démontré que la taille impacte la fréquence des comportements agressifs des petits chiens, plus à même de mordre ou de grogner sur d’autres individus. Deux options pour expliquer ce fait scientifique :

  • La peur, qui déclencherait ces réactions impromptues
  • La tendance de leurs propriétaires à moins les entraîner à la maison, estimant qu’un petit chien représente moins de danger en cas d’attaque et plus facilement maîtrisable qu’un spécimen plus haut sur pattes.

Le sexe du chien, non déterminant

Bien que la doxa ait tendance à imager les mâles plus prompts à des comportements indésirables, l’étude n’a pas pu statuer sur des évidences. Lors d’un sondage précédent 4 , il ressortait que les mâles avaient tendance à se monter plus agressifs… mais l’inverse est apparu lors de cette nouvelle prospection.

La sociabilisation, cruciale pour le chien

Encore et toujours, c’est un aspect fondamental pour l’épanouissement d’un chien. L’étude met ainsi en parallèle la tendance à l’agressivité chez les chiens et le cadre dans lequel ils ont été élevés. Ainsi, les propriétaires néophytes, forcément moins entraînés, n’ont pas forcément le réflexe de présenter leur animal de compagnie à ses congénères, réduisant ainsi ses capacités de communication inter-espèces. De même, un chien qui aura grandi à la maison, entouré d’autres animaux se révèlera moins bagarreur que d’autres, habitués à la solitude. Là encore, le simple fait de lui accorder des séances de jeu (avec des humains ou avec d’autres chiens) permet de réduire son sentiment de frustration et de le défouler comme il se doit.

Attention, il est important de souligner que cette étude présente quelques limites. La plus importante étant qu’il n’a pas été possible de recueillir des informations sur la santé des animaux de compagnie détenus par les propriétaires sondés, pouvant parfois fausser les résultats.

1 Source : https://www.nature.com/articles/s41598-020-59837-z 

2 Source : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1098612X15572062  

3 Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0168159108001147?via%3Dihub4 Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1558787816300612?via%3Dihub