Canario est un cheval de 24 ans que nous avons recueilli il y a 10 ans. Depuis, il vit une retraite paisible dans les pâtures de notre ferme-refuge, en Normandie, en compagnie d’un troupeau d’équidés dont il partage le quotidien.

Il y a un plus de 2 ans, voyant une tumeur se développer au niveau de son pénis, nous avions sollicité un vétérinaire équin. A l’époque, Canario était très difficilement manipulable et n’était pas monté dans un véhicule depuis des années. Nous avions alors décidé d’un commun accord, avec nos équipes et le vétérinaire, de ne pas intervenir car nous estimions trop dangereux le fait de le transporter jusqu’à la clinique vétérinaire pour l’opérer. La panique aurait pu le tuer ou causer un accident.

Depuis, Canario ne nous a jamais montré de signe de souffrance. Il continuait à manger, à courir, et ne s’isolait pas du groupe. Parallèlement, il devenait de plus en plus docile. Nous n’étions pas inquiets, jusqu’à ce que sa tumeur se mette à saigner et à grossir de manière significative (on vous épargne les images).

Nous avons donc fait venir deux vétérinaires équins, et trois options se sont présentées :

  • Opérer Canario sur place, au refuge, sous anesthésie locale, en ne procédant qu’à l’exérèse de la tumeur sous anesthésie générale, et créer une ouverture au-dessus du fourreau pour que l’urine s’évacue normalement.
  • Opérer Canario en clinique vétérinaire, sous anesthésie générale, réaliser l’ablation de son pénis, et créer une dérivation de l’urine sous l’anus, comme une jument. Ceci impliquait un déplacement aller-retour en clinique, et une hospitalisation plus ou moins longue et potentiellement très anxiogène, ainsi qu’un risque d’infection post-opératoire plus important.
  • Ne pas intervenir du tout.

  En premier, ne pas nuire

Il nous a fallu alors peser le pour et le contre, et arbitrer entre les bénéfices attendus et les risques encourus, dans le meilleur intérêt de Canario. C’est une démarche systématique que nous entreprenons au quotidien, dès lors que nous devons faire des choix sur la santé et le bien-être des 500 animaux que nous hébergeons. Nous devons sans cesse nous remettre en question avec la plus grande humilité, et agir avec expertise et bienveillance dans l’intérêt de chaque individu. « Primum non nocere » (« en premier ne pas nuire ») : telle est la devise de notre Président, le Dr vétérinaire Thierry Bedossa.

Nous avons finalement décidé, après de mûres réflexions et avis de notre réseau d’experts, d’opter pour la première alternative : retirer la tumeur au refuge. L’intervention était risquée en raison de la vulnérabilité de Canario et de la taille massive de la tumeur. C’était néanmoins la seule chance de sauver notre cheval.

L’opération s’est fort heureusement très bien passée. Elle s’est déroulée en deux temps et a consisté en la pose d’un garrot pour couper la tumeur, et d’une sonde dans l’urètre pour évacuer l’urine. Quarante-huit heures plus tard, le vétérinaire est revenu pour retirer le garrot et la sonde.

Canario

Par miracle, Canario a repris « du poil de la bête » en très peu de temps. Il est vif, mange avec appétit, sa plaie est belle, bien qu’elle nécessite des soins quotidiens. Nous avons construit pour Canario un paddock sécurisé dans l’une de nos pâtures, afin qu’il puisse y passer sa convalescence. Il y partage son quotidien avec son ami Jaguar, l’un de nos autres chevaux âgés dont il est très proche. Lorsqu’il sera parfaitement rétabli, il pourra intégrer la pâture de vieux équidés, attenante à son paddock.

Aidez-nous à financer les soins de Canario !

Cette intervention « de la dernière chance », miraculeuse, a eu un coût conséquent pour notre association. Les sommes investies pour l’intervention chirurgicale, les différents déplacements des vétérinaires équins, la construction d’un paddock et les soins post-opératoires représentent un budget certain, mais ô combien nécessaire.

Nous sollicitons votre générosité pour nous aider à faire face à ces dépenses, pour le bien de notre petit Canario. En faisant un don, vous apportez une aide concrète à notre protégé, et un gage de soutien pour notre équipe de soigneurs qui se relaient à son chevet.