On se plaint de devoir rester confinés pendant quelques semaines. Et si on en profitait pour penser à tous ces animaux qui, eux, sont privés de liberté toute une vie ?

C’est le cas des animaux sauvages retenus en captivité dans les cirques, les zoos, ou les delphinariums par exemple.

C’est le cas des animaux de laboratoire, enfermés dans des cages de leur naissance à leur mort sans avoir jamais vu la lumière du jour ou senti l’herbe sous leurs pattes.

C’est le cas des animaux d’élevages intensifs, qui vivent enfermés dans des hangars, collés les uns aux autres, dans la peur et l’effroi.

Mais ce qu’on oublie souvent, c’est que c’est aussi le cas de millions d’animaux de compagnie: de poissons rouges condamnés à tourner en rond dans de minuscules bocaux, de rongeurs limités au petit espace que constitue leur cage, mais aussi de chiens et de chats qu’on aime, qu’on dorlote, mais dont, sans le savoir, on ne répond pas aux besoins tout au long de l’année.

Ne peut-on pas parler de « confinement » pour des chats qui vivent enfermés en appartement, sans possibilité de sortir et avec si peu de stimuli dans leur quotidien qu’ils finissent par développer des problèmes de comportement comme l’agressivité ou la malpropreté ?

Ne peut-on pas parler de « confinement » pour des chiens qui ne voient jamais rien d’autre que leur maison, leur balcon ou leur jardin, et qui, eux aussi, souffrent de comportements dits « gênants » ?

Ces animaux victimes de « confinement » sont souvent ceux que l’on retrouve dans les refuges, notamment à AVA, justement parce que leur mode de vie ne leur correspondait plus.

Mais a-t-on au moins réfléchi au fait que, peut-être, était-ce nous qui leur imposions une situation « gênante » ? 

On peut aimer son animer de tout son cœur et ne pas se rendre compte, souvent par méconnaissance, de son mal-être. Il faut une certaine connaissance de l’animal et une capacité à se remettre en question pour comprendre les causes qui expliquent des comportements indésirables, et pouvoir (vouloir ?) y remédier.

Pourtant, dans la plupart des cas, il suffit de quelques efforts pour que le « confinement » d’un animal ne soit pas une source de mal-être : offrir un aménagement en 3D à son chat dans son appartement, ainsi que des jeux, des couchages de différentes formes et matières, sortir son chien, jouer avec lui, le laisser courir, sentir, avoir des contacts avec ses congénères… tout cela constitue des enrichissements qui contribuent à limiter l’effet de « confinement » et ses conséquences.

Le meilleur moyen pour un être vivant de se sentir libre, c’est de sentir qu’il a le choix.Le choix d’exprimer ses comportements naturels, quelle que soit son espèce. Le confinement limite considérablement la possibilité d’avoir des choix, alors profitons de cette dure période pour nous interroger sur la façon dont nous pourrions améliorer le quotidien de nos animaux, même après cette crise sanitaire.

 

Thierry Bedossa
Docteur vétérinaire
Président