Le GIEC (Groupe d’Expert.es intergouvernemental sur l’évolution du climat) vient de dévoiler le résultat du travail de milliers de scientifiques à travers le monde sur le dérèglement climatique. Sans surprise, le constat est accablant : le réchauffement climatique, plus rapide que prévu, est intimement lié à l’activité humaine et ses conséquences risquent d’être désastreuses bien plus vite qu’on ne le pensait. En réalité, elles le sont déjà.

Dôme de chaleur caniculaire (+50°C en Amérique du Nord), incendies massifs dans plusieurs pays méditerranéens, inondations en Europe, en Chine et en Inde, record de chaleur en Antarctique, vague de chaleur en Sibérie, fonte des glaces… Les derniers épisodes climatiques extrêmes et « exceptionnels » n’épargnent plus aucune région du monde. « Exceptionnels », ils le sont en fait de moins en moins. Et plus le temps passe, plus les catastrophes naturelles deviendront la norme. Ce n’est plus un cri d’alarme face à une menace que pousse le GIEC dans son sixième rapport d’évaluation dédié aux « éléments scientifiques » sur le dérèglement climatique ; c’est le tableau d’une situation qu’on espérait la plus lointaine possible, et qui est pourtant devenue notre réalité.

Comme toujours, hélas, l’Humain, bien qu’à l’origine des émissions de gaz à effet de serre qui engendrent le réchauffement climatique, mène sa « politique de l’autruche ». Plus personne ne peut ignorer ce à quoi nous faisons face et ce que les générations futures devront subir, mais les décideurs politiques du monde entier (la France en tête !) continuent, pour l’écrasante majorité d’entre eux, à faire comme si de rien était. En avançant encore sur ce chemin de déraison et d’égoïsme, nous allons tout droit vers un échec total de l’objectif fixé en 2015 lors de la signature de l’accord Climat à Paris : limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici à 2030 semble impossible. La perspective inéluctable de l’effondrement du Gulf Stream, (régulateur climatique majeur de la planète), parmi tant d’autres conséquences (émergence de nouveaux virus, séismes, tsunamis, etc.), n’en est que plus effroyable.

Même un électrochoc mondial ne paraît pas faire évoluer les consciences, puisque cet électrochoc a déjà eu lieu sans qu’aucun changement ne se produise : il s’appelle Covid-19, il a ravagé le monde et le ravage encore, mais la course au vaccin semble bien plus lucrative que la recherche de solutions holistiques qui consisteraient à envisager enfin le monde (la politique, l’économie, l’éducation, la santé…) sous le spectre du « One Health », « une seule santé » : celle de la Terre, des animaux, et des hommes.

De ce trio, l’humain est finalement peut-être la composante la moins évoluée puisqu’elle est la seule à contresens. La Terre, elle, a bien compris quel était le problème puisqu’elle ne cesse de nous envoyer des signaux d’alerte qui reflètent sa souffrance. La Terre suffoque, alors elle brûle. Mais nous, nous continuons d’allumer les incendies au lieu de chercher à les éviter par anticipation.

Les animaux ont eux aussi compris que des changements radicaux étaient en train de se produire. Bon nombre d’espèces adaptent leur comportement en conséquence, soit en s’éteignant progressivement parce qu’elles ne sont plus aptes à vivre dans cet environnement, soit en évoluant. C’est le cas par exemple d’un troupeau de 15 éléphants qui a parcouru 500 km à travers la Chine, reflétant les difficultés d’adaptation de cette espèce dans des espaces naturels qui ne cessent de se réduire du fait de l’activité humaine.

Dans un tout autre style, c’est aussi le cas de l’orque, ce majestueux mammifère, roi des mers et des océans, dont on pourrait interpréter les comportements récents comme de véritables façons de communiquer avec l’Homme pour lui dire « stop, ça suffit ». En effet, face aux changements climatiques, les orques du détroit de Gibraltar semblent délaisser la Méditerranée au profit des eaux de l’Atlantique, au large de la Galice en Espagne et du Portugal. Elles y chassent le thon rouge et ont même développé une technique de « chasse », ou plutôt de « pêche » surprenante, puisqu’elles dérobent leurs poissons sur les lignes des pêcheurs locaux. Mais ces derniers mois, plusieurs incidents relatifs à des attaques d’orques à l’encontre d’embarcations ont été recensés. S’il est à ce jour difficile d’en déterminer précisément la cause, on peut interpréter ces comportements, jusque-là jamais observés, comme de véritables signes d’intimidation : et si à travers ces attaques, les orques, n’acceptant plus « le silence des bêtes » face à ce que nous, les humains, infligeons à la nature et aux animaux, étaient en train de nous faire passer un message… ?

Ce n’est pas de la science-fiction ; l’erreur qui nous pousse au chaos, c’est justement de croire l’espèce humaine supérieure à toutes les autres. Soyons humbles : nous sommes loin d’être les plus intelligents. Notre défi, pour les années à venir, est d’accepter notre condition d’êtres mortels et vulnérables face à la complexité du vivant. Notre espèce n’est pas au-dessus de tout, mais fait partie d’un tout. Quand ce « tout » nous parle, sachons enfin l’écouter et agir non pas contre lui, mais avec lui.

By |2021-08-16T15:02:08+01:00août 16th, 2021|Actus|0 Comments

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