La préfecture de l’Oise a lancé une consultation publique sur la régulation du renard dans son département. D’après le projet d’arrêté préfectoral, 15 lieutenants de louveterie auraient le droit d’abattre chacun 200 renards d’ici au 31 mars 2022, soit un total de 3000 individus. 

Les motifs invoqués : la prévention sanitaire (le renard pouvant véhiculer certaines maladies) et la lutte contre leur prédation sur le petit gibier.

Cette consultation publique intervient après la publication illégale d’un premier arrêté, le 23 juillet dernier, qui n’avait pas donné lieu à une consultation publique et n’avait pas été inscrit au registre des actes administratifs, ce qui est pourtant obligatoire. Cet arrêté prévoyait alors l’abattage de 1 370 renards dans 8 secteurs de l’Oise. Mais parce l’association AVES France avait pointé son illégalité, l’arrêté avait été retiré… jusqu’à cette nouvelle offensive, lancée en bonne et due forme, qui ne prévoit non plus l’abattage de 1 370 individus, mais de 3000. Un véritable scandale. 

Aucune justification valable 

Ce massacre est d’autant moins justifié que les arguments avancés par la DDT (Direction Départementale des Territoires) de l’Oise sont obsolètes : la préfecture s’appuie sur les seules données transmises par les lieutenants de louveterie et la fédération de chasse. Ces données portent sur les années 2000-20005 ! 

De plus, le conflit d’intérêt est évident puisque les chasseurs sont libres de transmettre à l’administration les chiffres qui les arrangent pour pouvoir continuer à pratiquer leur loisir…

Quant aux maladies, il faut savoir que l’échinococcose représente 30 cas par an dans toute la France, et la leptospirose 600 cas par an. L’Oise est l’un des départements étudiés où la prévalence de l’échinococcose est la plus basse (7%).

« Cette décision de la préfecture n’a donc aucune justification scientifique, c’est de la manipulation et de l’infox immonde », dénonce le Dr vétérinaire Thierry Bedossa, président d’Agir pour la Vie Animale.

En outre, le Conseil d’Etat a annulé tout récemment un arrêté ministériel datant de 2019 qui établissait la liste, les périodes et les modalités de mise à mort des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (« Esod, » nouvelle appellation des espèces dites « nuisibles »). Le renard roux a ainsi été sorti de la liste de ces « Esod » dans les départements voisins de l’Oise : les Yvelines, l’Essonne et le Val-d’Oise. N’étant plus considéré comme « nuisible » dans ces départements, pourquoi le serait-il encore dans l’Oise ?

Manipulation politique 

Loin d’être justifiée, cette décision cruelle semble donc bien davantage un acte politique, un « cadeau » offert par la préfète, Corinne ORZECHOWSKI (et peut-être sa hiérarchie ?), aux chasseurs. « On affiche une soi-disant préoccupation pour la condition animale, mais ce n’est que de la communication car en réalité, il y a toujours le même mépris et l’absence totale de considération pour ces individus », regrette le Dr Bedossa.

Une nouvelle fois, et pour notre plus grand désespoir, l’Homme montre la cruauté dont il est capable de faire preuve à l’égard des animaux. Il est plus que nécessaire d’ouvrir les yeux sur l’impact environnemental de ce type de décision politique. Comme chaque être vivant, le renard a sa place dans le bon équilibre de notre si précieux écosystème.

AVA s’insurge contre l’extermination de ces animaux sensibles et vulnérables dont la vie est menacée par l’Homme, et non l’inverse. Ces pauvres bêtes, traquées depuis des décennies, pourront-elles un jour connaître une vie paisible ?

Mobilisez-vous !

AVA se mobilise aux côtés de l’association AVES France (dont elle félicite l’action !) et appelle à vous opposer à ce projet d’arrêté : pour cela, faites part de vos indignations à ddt-seef-cf@oise.gouv.fr jusqu’au 23 août 2021.