Serge est une chatte (il s’agit bien une femelle malgré son prénom) âgée de 10 ans, dont ledestin a radicalement changé grâce à une rencontre avec le Dr vétérinaire Daphné Chaumont. Ce jour-là, la propriétaire de Serge avait rendez-vous pour une euthanasie.

« Je viens pour l’euthanasie de ma chatte », a-t-elle dit au Dr Chaumont dès le début de la consultation.

Motif de l’euthanasie : agressivité. Véritable tigresse, Serge était en effet intouchable. Lemoindre geste de la part du Dr Chaumont, pourtant expérimentée, la mettait dans un état de colère surprenant, même en restant enfermée dans son contenant de transport.

« Elle est comme ça depuis le premier jour, elle a toujours été agressive », a expliqué sa propriétaire qui l’a adoptée alors qu’elle n’était encore qu’un chaton. Malgré cela, Serge et sa maîtresse ont vécu dix années ensemble.

Mais comme souvent, l’arrivée imminente d’un bébé était sur le point de changer la donne…

« Je ne veux pas prendre de risque pour le bébé. »

Donner la vie à un être humain tout en mettant fin à la vie d’un animal… Deux vies, deux espèces, et pourtant, deux individus, deux personnes ayant tout autant le droit chacune de vivre. Mais aujourd’hui, tout particulier est en droit de demander l’euthanasie de son animal à son vétérinaire quel qu’en soit le motif, et ce dernier est libre d’accepter ou de refuser en sonâme et conscience. C’est contre ces euthanasies « de convenance » (non médicalement justifiées) que nous nous battons.

« Serge n’est pas en situation de souffrance, elle est en bonne santé, alors autant vous le dire tout de suite : je ne l’euthanasierai pas », a répondu le Dr Chaumont. « En revanche, je peux vous proposer une alternative… »

La propriétaire s’est mise à pleurer. De soulagement.

L’alternative, c’était nous, l’association Agir pour la Vie Animale.

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Serge est arrivée la semaine dernière au sein de notre ferme-refuge. Elle a été rebaptisée Jeanne. Comme chaque nouvel arrivant félin, elle est actuellement isolée dans une pièce d’adaptation. Dans quelques jours, une fois que nos soigneurs auront bien observé ses comportements et se seront assurés de son bon état de santé, Jeanne pourra être « libérée ». Elle aura alors accès à tout l’espace verdoyant de notre chatterie, vaste « enclos » extérieur d’environ 1 hectare, pensé et aménagé pour les chats, mais non hermétiquement clos : grâce à des chatières, les chats – qui vivent tous en collectivité – peuvent, s’ils le souhaitent, sortir de la chatterie et vagabonder à leur gré dans l’ensemble de notre domaine (75 hectares).

Chez nous, ce sont eux qui décident : ils sont libres de faire leurs propres choix, de s’installer où ils se sentent le mieux, de se déplacer où bon leur semble, d’interagir (ou pas) avec leurs congénères, les humains et les autres espèces, et d’exprimer tous leurs comportements naturels (explorer, chasser, observer…). Ils peuvent ainsi mener une vie de chats libres tout en étant dans l’espace sécurisé de notre ferme-refuge et dans la proximité d’humains expérimentés et bienveillants qui prennent soin d’eux.

A AVA, nous hébergeons actuellement une collectivité d’une centaine de chats. Comme Serge / Jeanne, la plupart nous ont été confiés pour des comportements dits « gênants », comme l’agressivité et la malpropreté. Tous ont frôlé l’euthanasie, mais tous ont trouvé chez nous un refuge où personne ne leur demande d’être « de bons petits chats de compagnie ». C’est en leur offrant cette deuxième vie conforme à leurs besoins, loin du destin tragique qui les attendait, que leur colère s’atténue, voire disparaît, et que ces individus devenus « indésirables » aux yeux de certains, trouvent un véritable sanctuaire où couler des jours heureux.

Comme Serge, tous nos chats (et nos autres protégés !) ont besoin d’attentions quotidiennes, de soins et de nourriture, pendant des années. Seuls vos dons nous permettent de pérenniser l’activité de notre refuge. 

C’est grâce à vous que nous pouvons sauver des vies.