Scandale : Souffrances extrêmes infligées à des singes au nom du progrès scientifique et technologique

La société Neuralink du milliardaire Elon Musk est poursuivie en justice par une ONG américaine, le Comité des médecins pour une médecine responsable (Physicians Committee for Responsible Medicine) pour non-respect du bien-être animal. Elle accuse la société ainsi que l’Université de Davis en Californie (où les expériences ont été réalisées) d’avoir implanté des puces électroniques à des singes, leur occasionnant des « souffrances extrêmes » et la mort de 70% des primates utilisés. Pour cette association, il s’agirait-là d’une enfreinte à la loi américaine sur le bien-être animal de 1966.

Neuralink est une entreprise américaine cofondée par Elon Musk, qui est spécialisée dans la neurotechnologie et produit des implants cérébraux destinés à l’Homme pour permettre, entre autres, aux personnes paralysées de pouvoir remarcher ou reparler. Pour des personnes paraplégiques, tétraplégiques, souffrant de maladies telles que Parkinson ou Alzheimer, ces implants apportent l’espoir d’un retour à une certaine autonomie. C’est d’ailleurs ce que laissait présager une vidéo de Neuralink diffusée en 2021, dans laquelle on pouvait voir un singe jouer à un jeu vidéo par la pensée grâce à une puce implantée dans son cerveau.

Mais cette promesse cache une triste réalité : celle de l’expérimentation animale. En effet, des primates sont utilisés à des fins scientifiques dans le cadre des essais des implants cérébraux de Neuralink. L’association Physicians Committe for Responsible Medicine affirme s’être procuré des dossiers de plusieurs centaines de pages attestant « des souffrances extrêmes en raison de soins inadéquats aux animaux et des implants de tête expérimentaux hautement invasifs au cours des expériences ».

Sur 23 singes utilisés entre 2017 et 2020, 23 seraient morts d’après l’association qui accuse Neuralink d’avoir violé la loi américaine sur le bien-être animal à bien des égards, comme l’explique Jeremy Beckham, coordinateur de l’enquête : « Des trous ont été percés dans le crâne des singes, qui avaient tous des électrodes dans le cerveau et des vis dans le crâne pour tenter de maintenir le tout en place. Nombre d’entre eux avaient également des infections chroniques, car les scientifiques ne parvenaient pas à maintenir les plaies des opérations propres et sèches. Les singes les trituraient et ouvraient leurs points de suture. L’un des rapports de l’université mentionne que la peau du crâne de l’un des singes était complètement érodée. Plusieurs ont même fait des crises d’épilepsie. »

De plus, une colle chirurgicale, BioGlue, aurait été utilisée : deux singes seraient morts en raison de la destruction des parties de leur cerveau par cette colle, non autorisée par la FDA (l’agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux), car toxique pour les tissus nerveux.

De son côté, Neuralink a refuté une à une chacune des accusations dans un communiqué, assurant que ces expériences étaient en conformité avec « toutes les lois et réglementations applicables, y compris celles du département américain de l’Agriculture ». Elle affirme par ailleurs que « tout nouvel appareil ou traitement médical doit être testé chez les animaux avant de pouvoir être testé éthiquement chez les humains ». Sauf qu’on ne tolérerait jamais chez un humain le niveau de souffrance enduré par un singe…

Dans une interview qu’il nous avait accordé, André Ménache, vétérinaire et responsable du comité scientifique de l’association Antidote Europe, nous confiait : « On ne pourra jamais contrer le chantage émotionnel « ton chat ou ta mère ? » parce que ça heurte le grand public et ça met fin au débat, mais c’est un débat frauduleux ! » On en revient donc toujours au même : est-on prêt à accepter que des animaux utilisés comme cobayes endurent de telles souffrances pour que leur sacrifice imposé permette à des humains malades et handicapés de guérir ou d’avoir un meilleur confort de vie ?

L’avis de notre Président, le Dr vétérinaire Thierry Bedossa, en vidéo :

JE FAIS UN DON